Indépendance de la RDC : l’un des pas danse

30 Juin, année par année tous les congolais se rappellent de leur indépendance. Ce jour où, racontent, Emery Lumumba Patrice fit son discours, un discours qui essuie la sueur des opprimés, un discours qui à chaque instant qu’il retentira sur les ondes partout au monde, traversera notre poitrine comme le rayon de lumière dans un verre.


De Kinshasa, haut les mains je ne pus dire « leopoldville », à kananga, passant par le Kivu et en remontant vers l’ex-province orientale et l’Equateur, de partout alors, mamans, papas, enfant, animaux et tous ceux qui respiraient dansèrent, pauvres, riches qu’ils furent, « L’indépendance TCHATCHA ». Et c’est fut la première et la dernière danse méritée pour tous ; jusqu’au moment où ce papier reçoit de mes mots.


Alors que le temps a cessé d’être notre allié, Lumumba souffre dans le paradis du beau Dieu et Leopold en enfer du diable, se réjouit, sourit, s’éclate de joie à côté de Bondouin Ier, il est au Kassaï une maman qui meurt de faim avec son diamant sur le plat, il est à Beni, des familles qui disparaissent mais il est à Kinshasa et dans tous les chefs-lieux des hommes qui jubilent et quand il faut se réjouir davantage, ils font entre-eux le bras de fer sur nos têtes. Comment voudriez-vous que tous dansons avec les mérites du 30 juin 1960 ? OUI ! Quand même « l’un de pas danse » l’indépendance.


L’autre pas dont la tête ne connaît rien de la danse, ce pas qui n’a pas raison d’avancer mais plutôt de fuir nuit et jour, ce pas qui craint la mort l’attend avec deux mains : c’est le seul moyen d’aller danser au paradis, Oui, c’est ce pas duquel la bouche et l’Esprit répète avec fermeté que « IYI INCH HAINA BAHATI » ; Pour se rendre compte de l’envie de mourir qui repose dans le cœur du corps duquel aucun pas ne danse, il suffit d’observer les homélies des pasteurs lors des obsèques. « Inabaki kwako na kwangu mpendwa, kwasababu ndugu uyu amepumzika, nizamu yetu sasa, tafazali yeye », « c’est nous qui restons en cette vie, tant mieux pour celui-ci qui vient de partir, il se repose, il ne souffre plus ». Lorsqu’on envie celui qui est mort, pour reprendre les mots de Ka-mana, c’est un danger, il faut crier fort, que la nation est aux pieds du gouffre.


Dans l’entre temps, attendant sa mort avec impatience et peur, haï la nuit, seulement parce qu’elle est noir. Qui pour faire la plaidoirie de la nuit assimilé à l’enfer seulement à cause du noir ? Qui pour dire que les nuits ne sont que victimes de ressemblance ? Sans doute personne. Ceux qui le pourraient dansent à MATONGE chaque nuit, sur des pagnes en versant du champagne sur les seins des femmes, ils ne paient que des musiciens pour que leurs noms soient cités dans les prochains albums, et quand ils ne sont pas à Kin, ils téléguident leurs commerces et voyagent de partout au monde. Et le temps qui leur restent, ils font des accords afin de mieux se positionner dans le gouvernement une fois que ça change encore. Et pour en dire plus, ils nous donnent des aides empoisonnées et publient sur de panel…


L’un de pas danse, très cher Lumumba et non plus l’indépendance. Ce mot que tu rêvais même sans dormir, ce mot qui cachait la liberté, la souveraineté, n’a plus sa place au Congo RDC.


Alors qu’il faut la justice, c’est le parti politique qui doit dire « l’audience est suspendu »


Alors qu’il faut l’équité, c’est la corruption qui devient le mode de vie


Alors qu’il faut la souveraineté, les étrangers viennent, passant par la grande porte, tuer, violer, piller, et repartent en haussant la tête « nous aurions pu faire plus », et se redisent encore, demain c’est aussi un jour.


Alors que l’un de pas danse en mangeant trois fois le jour, l’autre pas qui ne magne qu’une fois le trois jour n’a qu’à danser devant le buffet, défiler devant des hommes rassasiés. Oui, l’un de pas danse le tchatcha, l’autre pas voit sa vie inatchacha.


Orphelin de la société civile, otage de la police, esclave des députés, l’homme duquel le pas qui ne danse pas courbe sa nuque, pour avoir raison de chanter chaque matin dressons nos front, longtemps courbés.


Aux heures de prendre le plus bel élan, la guerre naît,


Aux heures d’assurer la grandeur du pays, on la partage avec nos ennemies,


Aux heures de léguer un serment de liberté à notre postérité, ils s’endettent pour leurs anniversaires et attendent que la postérité paie,
L’un de pas danse, et des générations crient que l’Etat leur doit.
Oui l’Etat doit aux jeunes de l’Est beaucoup plus que la paix
Ces jeunes, au dos desquels le ministère de la jeunesse blanchi de l’argent,
Ces jeunes auxquelles ils ravissent la liberté,
Ces jeunes demandent que tous les pas dansent,
Ces jeunes, qui sont forcés de se contenter des moindres maux,
Ces jeunes, qui n’ont plus le droit de rêver
Ces jeunes qui passent la nuit à la belle étoile afin de traquer voleurs et polices,
Le pays leur doit, ils ont droit aux jeeps…..
Qu’un jour tous les pas dansent, qu’un jour la jeunesse reprenne sa place, qu’un jour la souveraineté nationale demeure, que nos frontières soient les nôtres,
Que le sol et le sous-sol nous appartiennent et tout le Congo dansera avec raison l’indépendance.

Par Badesire Mugumrhahama

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