Moses Sawasawa et Arlette Bashizi, deux photojournalistes du collectif Goma Œil, ont exposé durant 15 jours en ville de Goma et ses environs. Cette initiative, dénommée » Sans Limite » est un ensemble d’une vingtaine de tableaux qui ont pour objectif de s’interroger sur les préjugés dont sont victimes les personnes handicapées. Après cette première étape de ce projet itinérant, Moses Sawasawa s’est livré à notre redaction sur l’ensemble de carrière. Interview.
Par David Kasi
Que signifie la photographie pour toi ?
Pour moi, elle est une vie car la photo m’a donné le sens de vivre avec les communautés différentes et je me suis défini grâce à cet outil qui est l’appareil photo.
» Kihu » est ta première exposition photo. Parle nous de ce projet ? Les buts ont été atteints ?
» Kihu » était ma première expo solo. De mon côté, je dirais que ça avait atteint son but parceque j’avais mis la main à la pâte. Il y avait déjà les militants qui avaient manifesté pour que Goma puisse avoir de l’eau et mon expo, c’était comme contrinuer ou amener une pierre à l’édifice.
» Sans Limite « , cette fois tu as voulu la faire avec Arlette Bashizi, une autre photographe. Pourquoi tu as voulu exhiber les compétences professionnelles de personnes handicapées ?
» Sans Limite » est un projet photographique à long terme que j’ai travaillé en collaboration avec Arlette Bashizi. On a voulu parlé des personnes handicapées car leurs histoires sont peu couvertes par les médias internationaux ainsi que brisé les stéréotypes à l’égard de ces personnes, surtout dans nos sociétés africaines.

C’est quoi la suite du projet après la ville de Goma et ses environs ?
Jusque là, nous nous réservons encore car c’est un projet qui ne demande pas seulement beaucoup de moyen fin mais aussi beaucoup d’énergie.

Qu’est ce qui a changé en Moses Sawasawa depuis qu’il a débuté la photographie il y a 3 ans ? Qu’est ce qui t’a aidé à progresser ?
Rien n’a changé mais tout est devenu différent en devenant photographe au fil des ans. Premièrement, c’est ma famille qui m’aide à progresser même si au fond d’elle, il y avait une peur et moi aussi il fallait que je me motive car c’est une question de ma vie. Aujourd’hui, ma famille commence à comprendre petit à petit et ce sont les membres de ma famille qui sont devenus mes premiers fans.
Le photojournalisme est un domaine encore pas vraiment reconnu à Goma. Pourquoi avoir emprunté ce chemin malgré ces risques ? Quels sont les obstacles que tu as surmonté jusqu’à présent ?
Pendant plusieurs décennies, l’histoire de la RDC est souvent racontée par les étrangers et là, était ma première raison de pouvoir rendre les choses en mains. Je voulais raconter l’histoire de ma propre patrie. Tout métier est constitué des obstacles. L’essentiel est de mettre dans sa tête qu’on est photojournaliste et on est obligé d’être à n’importe quel endroit, n’importe quelle heure si le métier nous oblige et cela sans aucune excuse.
Il y a aussi quelques années, tu as créé un collectif pour photographe » Goma Œil « . Pourquoi cette initiative ?
Goma Œil est un collectif qui a pour but de raconter la vie sociale, économique, politique de la ville de Goma en particulier et de la RDC en général.
Lors de l’éruption du volcan Nyiragongo en mai 2021, tes photos ont été relayées par plusieurs grands médias. Comment tu as vécu ce moment en tant que photographe ?
Comme je l’ai déjà dit auparavant, quand on est photographe on vit pour les autres avant de vivre pour soi-même. Le jour de la récente éruption du Nyiragongo, je n’avais qu’un seul choix : celui de documenter la vie de ma communauté.
Tu t’attendais déjà à être contributeur, photographe indépendant pour les agences de presse juste après 3 ans de carrière ?
Pour dire vrai, je ne me voyais pas ici dans les trois ans de ma carrière. Là, je croyais y arriver dans 10 ans voire plus mais grâce a Dieu, suis là où je suis.
» …quand on est photographe on vit pour les autres avant de vivre pour soi-même. «
C’est quoi tes rêves et tes modèles ?
Mon rêve reste le même : je veux être compté parmi les meilleurs photographes de guerres du monde. J’ai plusieurs modèles mais ceux qui m’impressionnent sont Finbarr O’reilly, Jérôme Delay, Thomas Mukoya et l’incontournable Ley Uwera.