RDC- Elèves finalistes : Responsables à devenir ou délinquants en gestation ?

Après quatre jours, les finalistes du secondaire ont tous fini les examens d’état. Ces examens sont souvent lancés en toute quiétude mais se clôturent généralement avec des constats amers. Des scènes choquantes, des vidéos malsaines tournées par des lauréats et publiez sur les réseaux en disent long sur l’éducation reçue. La ville de Goma, au Nord-Kivu n’y a pas échappé.

Lancé le lundi 30 août, l’examen d’état ( EXETAT ) est une évaluation, un ensemble d’épreuves que doit affronter tout candidat finissant le parcours secondaire. L’année scolaire était remplie loin d’être facile à cause de la pandémie et l’éruption.
Regrettablement, à Goma, comme dans beaucoup d’autres villes de la République Démocratique du Congo, certains élèves finalistes expriment irrespectueusement leur joie.

Les ravissements de stylos et objets de finalistes, une fouille à corps, des déchirures d’uniformes, les écrits parfois outrageantes et immorales sont placés sur la chemise, une euphorie exagérée manifestée sur des engins roulant à des vitesses excessives, des scènes de bagarres dans certains centre d’examens, l’ivresse après examen, tels sont les quelques constats amers observés après passation des épreuves.

Jovica Lamba, la vingtaine, a été en 2017 victime de cette barbarie affichée par ses condisciples de classe, heureusement, elle a usé de sa fermeté pour se sortir de cette situation.
« Après mon examen, ce sont mes condisciples qui sont venus déchirer mon uniforme. Certains garçons voulaient même déchirer ma jupe. Heureusement j’avais été stricte et sevère. Ils n’y étaient pas parvenus » dit-elle en regrettant ce comportement. 
Des finalistes comme elle sont peu nombreux. La grande majorité de finalistes se plaisent de ce désordre. Ils expliquent que c’est leur manière de divorcer avec l’uniforme « bleu-blanc ». Pire encore certains se font filmer dansant des musiques censurées par le gouvernement et censurée sur les réseaux.

Les vidéos circulent sur les réseaux sociaux. Le dernier cas est celui des écoles du Complexe Scolaire Saint-Georges, à Kinshasa.
D’autres préfèrent se laisser faire pour éviter des disputes et bagarre. Une candidate aux épreuves de cette année m’a dit qu’elle est restée à moitié nu après s’être fait attaquée par ses condisciples finalistes.


Responsabilité partagée

Plusieurs intervenants du secteur éducatif que j’ai rencontré ont vraiment condamné ces actes. Par contre, ils disent que c’est surtout la conséquence du manque de morale. Une responsabilité patagée entre différents acteurs de l’éducation. C’est ce que pense aussi Bahati Mupenda, enseignant de longue date des cours à caractère pédagogique dans une école secondaire de la place.
« La responsabilité d’éduquer et de moraliser un enfant est partagée entre tous les acteurs actifs de l’éducation, à savoir la famille en premier, l’école, l’église aussi » me confie-t-il.

Les Inspecteurs expliquent qu’ils ont toujours moralisés les finalistes lors du lancement des épreuves sur les bonnes manières de se comporter. Mais les enfants doivent aussi être moralisés depuis leurs écoles et leurs familles.
Cela qui nous laisse conclure que si les intervenant n’agissent pas, ces actes regrettables s’observeront une fois de plus dans la ville volcanique comme dans d’autres villes l’année prochaine.

Il y a quatre ans, j’ai moi-même été victime de ces actes de barbaries. Ces actes de dépravations n’étaient pas aussi accentués comme aujourd’hui. Il faut admettre que ces actes s’aggravent d’années en années. Notez que cette année, il y a eu plus de 800 000participants aux dernières épreuves de l’examen d’état. Que les responsabilités soient partagées et que les concernés agissent d’urgence.

Hobab Fils Watukalusu

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